Comment reconnaître rapidement un gourou pour s'en protéger et s'ouvrir au monde en toute sécurité ?

Nous pensons, pour la plupart d'entre nous, pouvoir vite reconnaître les gourous.
Ceux qui se sont révélés et qui ont développé leur business, sont les plus faciles à reconnaître, comme c'est le cas sur l'image.
Mais ne nous trompons pas, ce n'est qu'un stéréotype qui est loin d'être le seul.
D'ailleurs même si nous parlons du gourou au masculin la gourelle existe aussi.

Regardons d'abord les différentes définitions de ce mot selon wikipédia
Du sanskrit गुरु, guru : « enseignant », « précepteur », « maître». Ce terme peut prendre plusieurs définitions :
1 / Le maître spirituel qui se réclame d'une tradition issue de l'hindouisme, du jaïnisme, du bouddhisme ou du sikhisme.

2 / Dans son sens négatif, le manipulateur d'un groupe religieux sectaire.

3 / Un expert dans un domaine particulier (notamment en informatique ou en management) dont les avis sont largement reconnus et respectés. Par exemple, John Carmack est considéré par certains comme un « gourou de 3D ». Michael Porter ou Tom Peters seraient spirituel des gourous en management.

En effet, si le mot a pris un sens péjoratif son origine est beaucoup moins négatif, nous parlerons donc de la deuxième définition.

J'ai pu constater que lorsque nous avons été victimes de sectes et/ou de manipulateurs pervers narcissiques, nous avons plus difficile à distinguer certains autres types de gourous, du moins au début de la sortie d'emprise.
A l'exemple des poupées russes en ce qui concerne la manipulation, nous en sortons petit à petit.
De plus, il existe plusieurs degrés de manipulation et plusieurs approches d'emprises.
Ne vous dévalorisez pas !

 
Une fois que l'on en connait les caractéristiques et que l'on observe ces personnes, il est facile de s'en protéger.

Voici les caractéristiques que nous avons pu observer et qui sont récurrentes :

-Il(s) s’auto proclame(nt) le canal de Dieu
-Ils disent avoir la vérité
-Il y a des conditions à remplir pour obtenir le « salut » ou la guérison
-Ils disent avoir reçu l’esprit saint ou une révélation (Extraterrestre-Ange).
-Ils ont un vocabulaire spécifique.
-Ils sont chargés d'une mission et vous en charge aussi
-Ils vous disent ce que vous devez faire.
-C’est trop beau pour être vrai.
-Ils utilisent l'hypnose à votre insu (par la voie ou par les yeux)
-Ils vous rendent dépendant d'eux
-Ils dénigrent les autres (personne, idéologie, pensée)


 
Même si une seule caractéristique se manifeste il y a des risques de manipulations.
En ce qui concerne le vocabulaire spécifique, il va de soi que chaque organisation ou profession opte pour un vocabulaire spécifique lié à leur fonctionnement interne.
C'est le fait de changer le vocabulaire courant par un autre qui doit nous alerter.

J'ai pu constater que les dérives sectaires existent dans n'importe quel domaine et surtout dans le développement personnel ainsi que dans les médecines alternatives qui prennent de l'ampleur ces derniers temps.
Cela ne veut pas dire que tous sont comme cela mais les risques existent et ce qui est nouveau est plus difficilement vérifiable.

Etant dans le domaine du développement personnel et de la thérapie alternative, je conseille systématiquement aux personnes de ne pas aller plus de trois fois chez un thérapeute ou un coach.
La diversité est une richesse pour la voie de l'autonomie.
Au-delà, la dépendance peut s'installer.
Un bon coach ou thérapeute ne fidélise pas sa clientèle, c'est ce qui fait la complexité de ce métier.


Certains par peur de (re)tomber dans les griffes d'un gourou préfère ne plus développer leur spiritualité, ce qui est dommageable car cela nous empêche de nous ouvrir au monde et de nous épanouir.
Il est vrai que le monde a ses dangers et que vivre sa vie implique que nous y soyons confrontés.
Comme le dit le dicton :

"Un homme (ou une femme) averti(e) en vaut deux"
 Petit clin d'oeil au 'langage des oiseaux"
Gourou en décodage phonétique :  Je me goure où?
Exercice paradoxale: Vérifier ses propos par vous même

Exercice pratique : Quand vous êtes amené à vouloir suivre une personne ayant des tendances de gourou poser vous la question suivante :
Je me goure où ?

Pour conclure, vérifier, observer et prenez le temps de décider.

Osez l'envol par la connaissance !

                                                               Céline Rouge Théra-Coach


Prévention dérives sectaires

Dans cette vidéo nous répondons à ces questions

1/ Qu'est-ce qu'une secte ou une dérive sectaire ?

2/ Différences entre une secte, une dérive sectaire et un esprit sectaire ?

3/ Quel est le lien avec le radicalisme ?

4/ Comment entre-t-on dans une secte ?

5/ Pour quelle raison y entre-t-on ?

6/ Quel est le profil des personnes recrutées ? 

7/ Quels sont les avantages et les inconvénients d’être dans une secte ?

8/ Pourquoi y restons-nous malgré les souffrances ?

9/ Comment se passe la sortie ?

10/ Quels sont les besoins urgents pour ceux qui en sortent ?

11/ Peut-on et doit-on aider les personnes à en sortir et comment ?

12/ Peut-on vivre sa spiritualité sans être lié à une communauté ?

13/ Comment s’en protège-t-on ?

14/ Programme CheCoPa de prévention face aux sectes et au radicalisme


POURQUOI RESTONS-NOUS DANS UNE SECTE ?

Les 6 principes de cohérence ou d'engagement de Cialdini,  
psychologue américain, spécialisé dans les techniques de persuasion et le marketing.

1. La réciprocité
Si quelqu’un fait quelque chose pour nous, nous faisons volontiers quelque chose en retour. Par exemple nous acceptons une étude biblique, offerte gratuitement par Dieu, en échange nous acceptons ses 
directives. 

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2. L’engagement et la cohérence
Une fois un choix réalisé, nous avons un penchant à le maintenir. et lorsque nous disons ‘oui’, (lors du baptême par exemple) il est très difficile de changer d’avis par la suite.

 

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3. La preuve par la masse
Nous imitons le comportement des autres. Si des millions de personnes acceptent une chose... tant de monde ne peut se tromper. 

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4. L’appréciation
inconsciemment, nous achetons plus vite un objet à une personne qui nous parait sympathique. La personne derrière le vendeur est au moins aussi importante que le produit lui même. D’où l'importance du costume cravate...

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5. L’autorité
Nous allons plus rapidement croire celui qui a plus de connaissance et d’expérience que nous. C'est pourquoi les Témoins ne discutent jamais avec ceux qui en savent plus qu'eux.

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6. La rareté
La valeur de quelque chose parait plus élevée lorsque le stock est limité.
Beaucoup d'appelés et peu d'élus. 
Les places sont rares... Seuls les élites seront récompensées...

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CONCLUSION

Faites attention à vous mêmes, et soyez persuadés  que.. 

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Déradicaliser les djihadistes, vaste programme!

De chaque côté de la Manche, on repense la stratégie de la lutte contre le terrorisme, on édicte une nouvelle loi et surtout on « déradicalise » avec verve et passion. Voilà que l’Elysée annonce la création de la « task force » voulue par Emmanuel Macron, et dont on salue l’avènement. Seulement on aimerait savoir de quelle manière ce nouveau gadget anti-djihadiste serait susceptible de débusquer un individu isolé, inconnu des services de renseignements et au profil quelconque, à l’instar de l’assaillant du Louvre ou de l’agresseur du policier sur le parvis de Notre-Dame ? Theresa May, quant à elle, promet de renforcer « Channel », le programme de prévention et de déradicalisation des individus « à risque », lancé par le gouvernement britannique en 2012 et qui, depuis lors, a pris en charge plus de 4 000 dossiers individuels.

Un mystère : pourquoi on se radicalise

Pour mesurer l’efficacité du dispositif, il suffit de rappeler l’exemple d’un garçonnet de quatre ans qui a failli y être inclus après avoir éveillé les soupçons de ses enseignants, lesquels étaient convaincus qu’il avait dessiné son père en train de construire une bombe alors qu’il s’agissait d’un dessin représentant son père en train de découper un concombre. Surtout, aucun des programmes mis en œuvre jusqu’à présent ne permet d’expliquer pourquoi certains individus se radicalisent et d’autre pas. Sayeeda Warsi, première musulmane au Parlement britannique et ancienne vice-présidente du Parti conservateur, a grandi dans la même rue et fréquenté la même école de Dewsbury dans le Yorkshire, que Mohammad Sidique Khan, un des auteurs des attentats de 2005. Avant de dépenser les deniers publics en financement de moult organismes censés transformer les radicaux islamistes en bons citoyens, il serait autrement plus utile d’essayer de comprendre ce qu’il est raisonnable d’attendre de ce genre d’initiatives.

Pas de groupe social-type

Dans les années 30, Erich Fromm a tenté une toute première élaboration des notions de « personnalité autoritaire » et de « caractère autoritaire », tablant sur les spécificités dudit caractère telles que l’avarice, la discipline, le goût de l’ordre et la fascination pour les pouvoirs forts. L’enquête qu’il a dirigée, Travailleurs et employés à l’aube du IIIReich, mettait en outre en exergue une correspondance étroite entre la structure psychique, l’appartenance à une classe sociale et le choix politique des individus. D’où la conclusion : seule la classe ouvrière qui aurait entretenu, selon le psychanalyste, des rapports sociaux fondés sur la solidarité et aurait pratiqué une forme non répressive de sexualité, avait un potentiel d’émancipation, contrairement à la bourgeoise encombrée de préjugés. C’est dire la profondeur des désillusions face aux événements de 1933. Horkheimer a tenté de rectifier le tir en présumant, avec justesse, qu’il ne peut être question de repérer un groupe social plus propice à l’émancipation qu’un autre de par sa constitution même. Il n’y aurait pas une certaine catégorie de population objectivement en retard par rapport au mouvement progressif de l’histoire auquel on croyait à l’époque. Une observation qu’il serait bon de retenir, tant il est tentant d’oublier que les terroristes qui ont sévi en Europe ou aux Etats-Unis étaient, dans nombre de cas, instruits, voire hautement qualifiés, et loin d’appartenir à une classe sociale défavorisée.

L’universelle fascination pour l’autorité

Attention donc à ne pas jeter Freud avec l’eau du bain. Ses travaux ont permis de comprendre que la fascination pour l’autorité constitue un phénomène universel parce qu’enraciné dans l’éducation elle-même. Les périodes anxiogènes ou critiques réactiveraient tout au plus l’état de dépendance et d’obéissance qui caractérise la petite enfance. Certes, expliquer les attentats par un grand détour psy semble de prime abord exagéré, sinon indécent. Soyons clair, parce que même si cela nous soulage, ce n’est pas en traitant les djihadistes d’abrutis ou de sauvages, que nous parviendrons à les éliminer. Voilà en quoi la lecture du Petit manuel de contre-radicalisations de Thomas Bouvatier pourrait nous aider à mourir moins idiot, ce qui serait déjà une belle chose par les temps qui courent.

La déradicalisation ? Une escroquerie

Il y a un trait formidable chez Bouvatier. C’est que malgré son jeune âge et une pratique relativement récente de la psychanalyse, il ne croit pas à la toute-puissance de la méthode. La déradicalisation ? Une escroquerie intellectuelle, voir une escroquerie tout court. « L’esprit humain n’est pas une chaussette qu’on retourne, qu’on lave et qu’on remet bien propre à sa place. », assène-t-il d’emblée. De surcroît, la radicalisation étant intimement liée au modèle d’éducation et aux rapports entre enfant et parents, la déradicalisation supposerait qu’on traite des familles entières, ce qu’aucun programme ne prévoit. Passant outre des précisions sur le nourrisson, la « mère primaire » et « le tiers séparateurs », notions auxquelles est dédié un chapitre à part, retenons simplement le rôle décisif joué par un parent fusionnel : moins un parent se montre enclin à l’autonomisation de son enfant, l’en empêchant par la violence ou par la séduction, plus l’enfant aura tendance à rechercher des relations fusionnelles une fois arrivé à l’âge adulte : « Le mot radical vient de radix, la racine. Par définition, la radicalisation offre à ses membres de nouvelles racines, une nouvelle famille, mythifiée cette fois, aimante, reconnaissante, prometteuse, parfaitement soudée, protectrice, glorieuse. ». Les djihadistes constitueraient ainsi un groupe parmi d’autres de fusionnels- travailleurs, consommateurs, amoureux ou sexuels. Mais, parce qu’en comparaison avec une femme qui achète dix paires de chaussures en un mois, un islamiste s’avère autrement plus dangereux, nous avons intérêt à comprendre son fonctionnement et son mode de pensée. Comprendre ne signifie nullement excuser ou compatir, ce que Hannah Arendt notait déjà en marge du procès Eichmann.

Les avantages de l’extrémisme

Tout d’abord, et c’est ce que Bouvatier explique fort bien, indépendamment des renoncements forcés, des devoirs et des sacrifices à consentir, y compris celui de la vie, il y a des avantages psychiques incontestables à appartenir à un groupe extrémiste quel qu’il soit : « Rien ne remplace l’intelligence collective, la puissance du contact visuel, des paroles échangés en face à face, le partage des rites, la vie en communauté, l’identification au chef et l’émulation. Quitte à agir seul, ensuite. ». On mesure dès lors la difficulté à « récupérer » un individu, à qui la société atomisée qui est la nôtre n’aura rien à offrir en échange de son affranchissement d’un groupe radical. Rien de moins certain, en tous cas, que de compter sur l’attractivité de la position, chère à notre Président, qui exalte l’individualisme et promet à tout un chacun de retrouver la confiance en soi triomphalement exhibée par les créateurs de start-up. En plus, du fait que la radicalisation « permet à l’obsession de s’exprimer positivement », un jeune en voie de devenir kamikaze, ne saura que rassurer ses parents : « la famille observe souvent que son enfant radicalisé se sent plus cadré, plus calme, car sa haine ne part plus dans tous les sens, elle est canalisée vers un objectif. ». En somme, les communautés fusionnelles autorisent et exploitent les pathologies, que la modernité condamne et réprime.

Il est facile de comprendre un radicalisé

L’omniprésence de ces groupes paraît donc d’autant plus troublante, car elle questionne justement la modernité elle-même, comprise comme « l’émancipation des individus de l’absolutisme », et signale la persistance du modèle tribal. Par ailleurs, en quoi consisterait une émancipation totale ? Quelle place laisserait-elle au sentiment d’appartenance à une société, à un peuple, à une nation ? Paradoxalement, il n’est pas si difficile de comprendre un radicalisé, qui renonce à toute marque d’identité individuelle, en se soumettant volontairement à la seule loi divine. Il s’agit d’un véritable choix et non pas d’une condition imposée : « L’existence n’est plus subie, on ne la doit plus à ses parents biologiques, elle est le fruit de sa propre décision. Elle est aussi une promesse. Là où la loi des hommes nie leur désir de gloire, la Loi de Dieu la leur promet. » Où chercher une compensation équivalente dans la panoplie des destins pragmatiques et circonscrits auxquels nous pouvons aspirer ?

Une rhétorique victimaire

Pourtant, bien qu’il soit naïf de songer au succès de la déradicalisation, il n’est pas absurde de tenter de contrecarrer la propagande islamiste, notamment au sein d’une école, d’une entreprise ou d’une prison, là où des acteurs sociaux formés auraient la possibilité de démontrer l’absurdité de ses arguments. D’où l’utilité de comprendre la rhétorique, essentiellement victimaire, des extrémistes. L’auteur en donne un exemple édifiant : « Vous dites qu’on vous agresse, que l’islam est toujours victime d’un complot judéo-croisé qui l’agresse sur plusieurs fronts, mais de quel islam parlez-vous ? Sunnite ou chiite ? Sunnite, très bien. Les chiites sont vos ennemis. Mais soufis ou non ? Pas soufis, dites-vous, car ce sont de faux musulmans qui iront en enfer. Très bien, mais de laquelle des quatre écoles du sunnisme vous réclamez-vous ?… », et ainsi de suite, jusqu’à la conclusion évidente : « Donc quand vous dites « nous », vous ne parlez que d’un sixième de l’oumma officielle. Et la plupart des musulmans dont vous dites qu’ils sont sans cesse attaqués méritent en fait, dans votre esprit, de disparaître. ». Certes, cela ne guérira pas chaque âme perdue dans la quête militarisée d’une éternité radieuse. Mais croire au miracle d’une nouvelle mesure anti-terroriste, une nouvelle loi édictée à l’encontre de ceux qui n’en ont jamais respecté aucune, revient à avouer notre propre sensibilité à la pensée magique. Raison pour laquelle, comme le suggère Thomas Bouvatier, il ferait bon de nous voir nous-même en adultes de la République, et non plus en ses enfants. 

Paulina Dalmayer
Journaliste et travaille dans l'édition.

Publié le 24 juin 2017    Causeur.fr